Défi seau de glace : génial au #cube

Ça m’attriste de lire sur internet toutes ces critiques navrantes à propos du « Ice Bucket Challenge », le Défi seau de glace.  Les articles les plus sévères prétendent que la SLA vole littéralement de l’argent aux autres organismes en attirant l’attention – et les fonds – vers une seule et même cause.

Alors quoi? Encore des jaloux?

S’il y a une chose à retenir de ce phénomène socio-médiatico-philanthropique, c’est que mêmes les causes les moins sexy peuvent frapper un coup de circuit au moins une fois dans leur vie.

Nous avons travaillé avec un certain nombre d’organismes charitables et dévoués au cours des ans. De tous les briefings que j’ai eus par le passé, peu m’ont touché autant que celui de la Société de la SLA du Québec (SLA) lorsqu’il a été question de développer leur nouveau site web.  Avoir la chance de renseigner sur les effets dévastateurs de la SLA et constater comment si peu est connu sur la maladie et son traitement ont été une source de motivation à la fois douloureuse et très inspirante pour réaliser ce mandat.

Une station de radio locale m’a demandé récemment d’expliquer le succès du Défi. Plusieurs facteurs sont en jeu :

    1. Son originalité : ce défi n’avait jamais été fait auparavant;
    2. Chaque personne en Amérique du Nord a au moins accès à un seau de glace et à un être humain;
    3. Les contributions financières étaient bien définies dès le début : vous donnez 10 $ si vous faites le défi ou 100 $ dollars si vous refusez;
    4. Les fonds vont aux sociétés SLA locales et pas juste aux grandes;
    5. Le Défi favorise les relations de pair-à-pair;
    6. Il s’agit d’une tâche relativement simple et rapide à exécuter, très facile à organiser;
    7. L’idée a pris naissance dans le public et non dans l’organisme lui-même, ce qui le rend plus authentique.

Le succès de la campagne survient à un moment où les médias sociaux peuvent devenir le meilleur ami des OSBL.  Malgré tout, bien peu d’organismes savent encore utiliser tout leur potentiel.

Aucun expert en communication ou en marketing n’aurait pu mijoter un truc pareil. Cela doit se construire naturellement. C’est ce qui le rend le Défi si parfait. Tout a commencé avec de bonnes intentions et d’autres personnes généreuses y ont vu l’occasion de faire le bien en éveillant la conscience de leurs pairs et en amassant de l’argent. Tout cela en s’amusant.

Que des gens puissent dire qu’il est injuste que la SLA obtienne toute cette attention me dépasse. Si cette initiative prouve quelque chose c’est bien qu’ensemble nous puissions « faire une différence ».

Ce succès aussi spontané qu’inattendu devrait également indiquer aux OSBL qu’ils doivent prêter attention aux conversations sur les médias sociaux et être prêts à y réagir à tout moment.

Nous parlons souvent de la gestion de crise dans les OSBL mais quelqu’un a-t-il préparé ceux-ci à des succès inattendus?

Paradoxalement, un tel succès peut être désorientant.

Je mets justement au défi les OSBL de penser à la façon dont ils réagiraient et profiteraient de la situation si un tel succès survenait.

J’espère sincèrement que ce sera le cas.

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Kim Fuller est fondatrice et directrice de la création de Phil Communications. Consultante et spécialiste marketing certifiée auprès des OSBL, Kim oeuvre depuis 20 ans en marketing, en design graphique et en technologies de l’information pour le secteur philanthropique.  

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Voir l’équipe de Phil relever le Défi!

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